Catherine De Maria

Photographe amateur, je baigne dans la pellicule depuis ma plus tendre enfance avec un papa, appareil photo vissé au cou, qui déclenche à toute heure de la journée, cherchant la belle lumière, figeant l’instant. Il me dit souvent, et encore aujourd’hui, que toutes ces images sont les témoins de nos vies, elles nous aident à créer des souvenirs.

Je crois que je l’aime bien cette idée, et elle fait chemin. La photographie devient alors pour moi un vecteur d‘émotion et de transmission; une histoire de famille.

A mon tour, je traque la lumière, je photographie les gens, les visages surtout, et des réalisations street art.

A la fin du Covid, je m’inscris en club, à Seyssinet-Pariset où je vis. Je rencontre des personnes passionnées et investies, m’essaie à d’autres techniques, m’ouvre à la critique et mûrit ma pratique.

Le jour où, je photographie mon premier Martin pêcheur, sera un déclencheur. La photographie ornithologique m’emporte avec elle, le monde s’arrête de tourner lors de mes sorties, mon tourbillon intérieur trouve un ancrage.

Aujourd’hui, je photographie le vivant, je recherche plus qu’une ambiance, une poésie, une histoire à raconter à la manière de cette histoire de famille.

Au fil des saisons, les Gorges, un territoire nouvellement acquis par le Cormoran

Auparavant plutôt cantonné au littoral, le Cormoran s'observe maintenant depuis deux ans environ dans les Gorges de l’Ardèche.

Je choisis les heures matinales pour venir capturer des images du volatile qui s'est imposé à moi, comme il s'est imposé dans cette rivière depuis peu, marquant un changement dans le paysage.

De Saint Martin à Sauze, le chemin qui longe la rivière ouvre des fenêtres sur les parois rocheuses. Les lumières, qui accrochent les parois de calcaire, renvoyées par les eaux des Gorges, mettent particulièrement en valeur le cormoran au plumage sombre.

Décriés par les uns, puisant dans les ressources poissonneuses de la rivière, il n'en reste pas moins un oiseau captivant à observer.

Les saisons et leurs tonalités apportent une vision différente à chaque fois, presque picturale du territoire où le Cormoran se met en scène.

Il s'observe, dans cette série, tantôt isolé tantôt en colonie, des mois de novembre, janvier, février et avril 2025-2026.