Adrien Tolédano

Ayant grandi dans des régions montagneuses, j’ai appris à arpenter les massifs pour photographier des paysages de montagne et les animaux qui y-vivent. Le noir et blanc est rapidement devenu pour moi un moyen de se concentrer sur les sujets, de rechercher des textures et de mettre en avant les contrastes. Après un séjour en Alaska où je n’ai pas hésité à mettre les deux pieds dans l’eau jusqu’à la taille et à parcourir des centaines de kilomètres à pied, à vélo et en kayak, je présente cette série photographique sur la manière dont l’eau sculpte sans cesse les géants de ces montagnes sauvages.

Alaska, où l’eau sculpte les géants

L’Alaska est ce rêve de nature intacte, un monde sauvage où l’eau est une constante réelle. Sous forme de glace, de brume, de pluie ou de mer, elle façonne les vastes espaces autant qu’elle rythme la vie des grands mammifères. Avec l’altitude et la latitude, les forêts de sapins et les milliers de lacs laissent place à la toundra, aux vallées creusées par les rivières et aux glaciers interminables couronnés de sommets enneigés. Mais comment parcourir autant de kilomètres que l'eau dans ces territoires reculés tout en restant à hauteur d'homme pour rendre compte avec humilité de l'immensité de ces territoires et de la puissance des mammifères qui y habitent ? Ici, chaque rencontre avec un ours, un phoque ou un élan est une rare récompense, souvent précédée de longues heures de marche, de coups de pédale ou de pagaie, et d’un silence habité, parfois, d’une certaine crainte. Cette série photographique explore la manière dont l’eau dessine et redessine sans cesse les géants de l’Alaska. Elle suit les langues de glace effilées du Kenai qui s’élancent vers la mer, traverse les forêts et les lacs peuplés d’ours du Katmai, et s’aventure jusqu’aux toundras sauvages qui entourent le sommet mythique du Denali.